Chères lectrices, chers lecteurs,

Selon un recensement effectué par l’UCBA entre 2011 et 2015, la Suisse compterait environ 1800 enfants et adolescents bénéficiant d’un soutien spécialisé octroyé par une organisation dans le domaine du handicap visuel ou de la surdicécité. Or, il semblerait que dans certains cantons et communes, des problèmes de détection du handicap visuel ou de la surdicécité aient été constatés et que certains enfants passeraient à travers les mailles de l’offre de pédagogie spécialisée existante.

Il est pourtant primordial d’établir un diagnostic précoce du handicap visuel, de stimuler le potentiel visuel restant dès le plus jeune âge et de compenser le manque de stimuli visuels par d’autres mesures afin que le développement global de l’enfant ne soit pas perturbé. C’est d’ailleurs ce que nous expliquera Madame Petra Persello, enseignante spécialisée à l’association visoparents Suisse, dans le premier article de la rubrique Point fort de ce numéro.

Dans cette édition, nous nous intéresserons aussi, par le biais d’un témoignage, aux relations au sein des fratries lorsqu’un enfant est concerné par un handicap visuel et verrons quels rôles les autres frères et soeurs endossent. Puis nous ferons le point avec Madame Lott-Fischer de l’Association romande des parents d’enfants aveugles et malvoyants ARPA sur le soutien que les parents d’enfants déficients visuels peuvent obtenir en Suisse romande pour répondre à leurs diverses interrogations. La rubrique se conclura par un article de Stefan Spring, responsable de la recherche à l’UCBA, qui évoque la situation actuelle en Suisse de l’accès au soutien pédagogique spécialisé et les deux études qu’il va lancer prochainement sur le sujet.

Ce numéro abordera aussi la question de l’inclusion dans les institutions culturelles et musées de Suisse au travers d’un article sur la 5ème rencontre des musées inclusifs organisée par le service de Culture inclusive de Pro Infirmis en janvier dernier. Et nous terminerons par une interview de Jean Baldo, aveugle de naissance, sur son parcours professionnel passionnant dans l’hôtellerie. Il travaille depuis cinq ans au Blindekuh qui fête ses 20 ans d’existence cette année.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une excellente lecture de cette édition et un bel été, espérons-le, bien ensoleillé. Au plaisir de vous retrouver en septembre pour un numéro en lien avec l’actualité, à savoir sur la participation politique.

Carol Lagrange, rédactrice édition francophone